Cheffe de pôle

par Geneviève Hénault, psychiatre

Depuis le 13 juillet Cheffe du pôle B, 

Dévasté, ruiné, déserté,

Le 14, quelques blouses, des militaires,

Une banderole dans les airs.

Pour quelques jours Cheffe du pôle B,

Petit navire déglingué de la vaste flotte écrasée, 

« Derrière les hommages Macron asphyxie l’hôpital »,

Voir ces soignants là, ça fait mal.


Cheffe d’un pôle, dévitalisé, figé, 

Dans un hôpital qu’on est en train de tuer,

Par des alliances dégueulasses, 

Un Segur d’où sortent hypocrites grimaces,

Et planent de sombres menaces,

Soignant dévoué, épuisé, prends toi ça dans la face ! 


Personne pour aujourd’hui des services  prendre les rênes,

Dans les hôpitaux dont les carcasses sont scrutées par les hyènes,

Pilotés par les Agences Restrictives de Santé, 

Qui jusque dans nos blouses viennent nous dévitaliser.

Plus personne pour jouer la mascarade,

L’administrant feint l’émotion, arlequinade,

Des années de traitement Castex-Bachelot,

Le service public agonise avec ses héros,

Applaudis hier avec ferveur

Quand la terreur,

S’abattait sur la France en horreur,

Une conscience aigüe de ses malheurs.


Technocrate revenu, promu, aux rênes lui,

Quoi qu’il en coûte avait été promis, 

A l’hosto amertume, espoir détruit,

Plutôt que nos vies, ils ont choisi le profit.